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RAPPORT DE L’ASSEMBLEE GENERALE 2009

30 juillet 2010 No Comment

 

                Resacifroat

Réseau d’Appui à la Citoyenneté des Femmes Rurales d’Afrique de l’Ouest et du Tchad

01 BP 3845 Bobo-Dioulasso 01Téléphone:20 98 18 68/70 23 55 34

E-Mail : resacifroat@fasonet.bf/ resacifroat@gmail.com

                                              

 

PREMIERE ASSEMBLEE GENERALE ORDINAIRE 

OUAGADOUGOU 21 AU 24 AVRIL 2009

 

 

 

 

 

INTRODUCTION

Les assises de la première Assemblée Générale Ordinaire du Réseau d’Appui à la Citoyenneté des Femmes Rurales Ouest Africaines et du TCHAD (RESACIFROAT) ont eu lieu dans la salle de conférence de l’Hôtel AMISO à Ouagadougou du  20 au 25 avril  2009 en présence des membres du réseau venus du Bénin, Burkina Faso, de la Guinée, du Mali, du Niger, du Sénégal, du Tchad et du Togo. Certains membres ne pouvant participer physiquement, se sont excusés et ont envoyé des messages qui ont été lus par la Présidente du réseau Madame Rosalie OUOBA. 

Ces assises ont connu trois étapes :

-       La cérémonie d’ouverture ;

-       Les journées de réflexion ;

-       L’Assemblée générale.

 

I-             LA CEREMONIE D’OUVERTURE

Elle s’est déroulée le lundi 20 avril 2009 en présence de Madame la Présidente du RESACIFROAT, la Représentante de Madame la Ministre de la Promotion de la Femme, Présidente de la cérémonie  et de son excellence Monsieur le Ministre de l’Agriculture, parrain de la cérémonie.

Il faut noter aussi la présence de Madame la Vice Présidente de l’Assemblée Nationale du Burkina Faso ainsi que celle de la Députée, Présidente de la Commission élargie de l’Agriculture, des eaux et forêts du comité inter-parlementaire de l’UEMOA.

En prenant la parole, Madame la Présidente du RESACIFROAT a souhaité la bienvenue aux délégués des pays qui  sont : le Benin, le Burkina Faso, la Guinée, le Mali, le Niger, le Sénégal ,le Togo et le Tchad avant de rappeler  la mission du Réseau qui est d’accompagner  les femmes rurales à exercer pleinement leurs devoirs et leurs droits de citoyennes aux cotés des autres membres de leur communauté. Aussi le RESACIFROAT a initié plusieurs actions qui sont entre autres l’élaboration d’un plan d’action des femmes rurales ouest africaines en gestion des ressources naturelles, l’appui à l’organisation des assemblées générales nationales de 6 pays et l’organisation au Mali de l’Assemblée Générale Régionale de l’UFROAT.

Avant de terminer son intervention, elle a remercié les autorités du Burkina Faso, le CTA aux Pays Bas, New Field Fondation, le Fonds Mondial pour les femmes, Madame Odette SNOY de la Belgique, le Ministère de la Promotion de la Femme, qui ont contribué à la tenue de cette Assemblée Générale.

Après ce fut le tour du Ministre délégué auprès du Ministre de l’agriculture, parrain de la cérémonie, de saluer l’initiative du RESACIFROAT qui appuie les femmes rurales afin qu’elles jouent pleinement leur rôle dans le développement.

Enfin la représentante du Ministre de la Promotion de la Femme, Présidente de la cérémonie, s’est réjouie de la tenue de ces assises. Elle dira que son département accompagnera toute association nationale ou internationale qui œuvre pour la promotion de la Femme en général et de la femme rurale en particulier. Elle a  aussi évoqué le président Blaise COMPAORE  qui accorde une grande importance à la promotion de la femme et surtout de la femme rurale en ce sens que des actions sont menées contre l’analphabétisme, les violences faites aux femmes, les Mutilations Génitales Féminines.

La cérémonie a pris fin par un rafraîchissement et une photo de famille des membres du RESACIFROAT avec les personnalités qui étaient présentes.

 

II-           LES JOURNEES  DE REFLEXION :

 

En initiant la création du  réseau d’appui à la citoyenneté des femmes rurales, les membres, répartis sur l’Afrique de l’Ouest, le Tchad et l’Europe, avaient une vision commune d’une Afrique où les femmes rurales sont pleinement impliquées dans la prise de décisions concernant leurs localités et même leur pays et leur continent à travers leur participation éclairée au sein des structures mises en place par les politiques de décentralisation en cours dans la plupart des pays.

Cette assemblée générale devrait donner l’occasion aux membres, de s’informer mutuellement sur les politiques et la situation réelle d’implication des femmes rurales dans les différents pays, afin d’élaborer des stratégies pertinentes d’appui qui permettraient d’atteindre les objectifs fixés par le réseau.

 

Ces journées qui ont été modérées par Madame Salimata Wade se sont déroulées  autour des axes suivants :

 

     1. Présentation des communications par pays ;

     2. Les débats et les pistes de réflexion

    

Tous les pays présents à l’AG ont présenté des communications dont la substance a été axée sur l’implication des femmes dans le développement local, la décentralisation et la citoyenneté des femmes rurales.

1.1-        La présentation du Tchad : l’implication des femmes rurales dans les structures de décentralisation, de gestion du développement local au Tchad. Les expériences, les difficultés et les blocages.

Présenté par Madame NELOUMNGAYE/NDODINGAM Elisabeth, le thème a été abordé en quatre parties dont :

-       Le contexte ;

-       L’Etat d’avancement ;

-       Le niveau d’avancement ;

-       Les difficultés.

Le Tchad s’est engagé et est entré dans un processus de développement participatif, démocratique, humain et durable depuis l’avènement de la démocratie en 1990. C’est que dans la constitution du 31 décembre 1996, la décentralisation territoriale est formalisée en son article 2 de son titre XI qui consacre la libre administration des collectivités territoriales décentralisées que sont les communautés, les communes, les départements et les régions qui jouissent entre autres de personnalité juridique, de l’autonomie administrative et financière avec des organes élus, des compétences propres et des moyens de leurs actions.

Mais malgré quelques avancées significatives comme les découpages administratifs et le vote de six lois portant respectivement sur les statuts des collectivités, le régime électoral, le régime financier  et fiscal, le régime comptable et  la répartition des compétences entre l’état et les collectivités décentralisées, le processus de décentralisation a du mal à s’affirmer. En effet, les élections communales prévues pour 2007 n’ont pu avoir lieu à cause de la non appropriation des règles par les populations et les dégradations répétées de la situation politique du pays. Faute de compétences pour exercer le pouvoir que leur confèrent les lois sur la décentralisation, les ONG et les services déconcentrés de l’Etat renforcent les capacités des acteurs à travers des formations, des sensibilisations et des informations auxquelles les femmes prennent part activement.

 Malgré la mise en place de tout le dispositif juridique de la décentralisation, le processus n’est pas encore effectif pour des raisons de sécurité, d’intérêts personnels et d’enjeux politiques inavoués. L’ordonnance autorisant la mise en place et le fonctionnement des Comités Communaux de développement (CCD) a permis à plusieurs communes d’installer leurs comités dans lesquels les femmes sont présentes et très actives dans le processus d’élaboration du plan de développement local et de réalisation des projets issus de ces plans. Les femmes tchadiennes formées à la citoyenneté par les ONG ainsi que les associations de développement connaissent et exercent leurs droits et devoirs, dénoncent, sans crainte, les injustices faites à leur égard et s’engagent dans la réalisation et la gestion des actions communautaires de développement.

 De l’avis de la communicatrice, les blocages à la mise en œuvre de la décentralisation sont entre autres l’analphabétisme, les conflits de compétence et d’intérêt, la résistance au changement des autorités locales, de l’administration centrale, de la population, l’insécurité, l’instabilité institutionnelle et politique etc.

 

1.2-        La présentation du Bénin : Elections communales et développement local : quelles perspectives pour les femmes rurales ?

 

Ce thème a été présenté par François LEGONOU qui a d’abord précisé que la démocratie est perçue au bénin comme un processus pouvant conduire les collectivités décentralisées à la démocratie à la base et au développement local. Ces collectivités décentralisées sont des entités territoriales juridiquement distinctes de l’Etat disposant d’organes élus, dotées de la personnalité morale et de l’autonomie financière avec des compétences définies par la loi sous le contrôle de l’autorité de tutelle.

Au Bénin, la commune demeure la seule collectivité locale organisée par cinq lois dont celle portant organisation :

-       de l’administration territoriale de la République du Bénin,

-       des communes en République du Bénin ;

-       des communes à statut particulier,

-       du régime financier des communes en République du Bénin

-       du régime électoral communal en République du Bénin.

 

Malgré diverses actions menées dans le cadre de la participation des femmes au processus, elles furent les grandes absentes dans les conseils communaux élus et installés en décembre 2002 et janvier 2003. En 2008, à l’occasion des élections communales et locales, les organisations de la société civile avec l’appui des partenaires au développement ont initié des projets et programmes pour une meilleure implication des femmes dans les instances de prise de décision au niveau local. Dans le cadre de ces projets et programmes, il a été réalisé des formations, des sensibilisations, le plaidoyer et le lobbying. Ces diverses actions ont donné des résultats tant dans les élections communales que locales. Néanmoins, la participation de la femme reste entravée par divers problèmes dont le manque de confiance en soi, le manque de solidarité, le manque d’organisation, l’indécision, la jalousie, le manque de militantisme, l’analphabétisme, la manipulation contre d’autres femmes, le manque de disponibilité et la mauvaise volonté des hommes à favoriser l’émergence des femmes.

Comme perspectives, il faudra renforcer l’accompagnement à travers une meilleure organisation des femmes rurales, un renforcement de leurs capacités en matière de leadership féminin et des stratégies de communication, le diagnostic institutionnel pour une meilleure identification des problèmes qui se posent à elles.

En ce qui concerne l’UFROAT Bénin, elle a été l’un des réseaux qui a exécuté le projet Femmes et Elections Communales initié par le PDDC AD-GTZ. En outre certaines parmi ses membres ont participé aux élections avec des fortunes diverses. 

Pour finir le communicateur a montré que l’implication des femmes dans le développement local relève du droit, de l’équité et de la justice.

 

1.3-        La présentation du Mali : Femmes et citoyenneté : cas du Mali

 

Madame OUMOU DOLO DIOMBELE a commencé par la présentation du Mali avant d’aborder successivement la situation d’ensemble de la participation des femmes à la vie publique au plan national, la compréhension de  la femme par rapport à la citoyenneté, les contraintes qui pèsent sur la femme et la citoyenneté avant de finir par le tableau global des causes, disponibilités et accessibilité.

 

Au Mali, les femmes sont très présentes dans les activités socio-économiques comme le témoigne les nombreuses organisations socioprofessionnelles féminines dans le pays. Néanmoins, elles le sont moins dans la vie politique nationale et encore moins dans les instances de prises de décision malgré leur capacité d’organisation et leur dynamisme sur les plans économique et culturel. Cette situation a été illustrée par l’état des lieux de la présence de la femme dans les principaux postes de gestion et de décision publique.

En abordant la compréhension de femme et citoyenneté, il a été rappelé la définition de la démocratie, de citoyen qui est un acteur libre ayant des droits accompagnés de devoirs.

Il a été rappelé aussi l’égalité de tous que la constitution du Mali du 25 Février 1992 en son article 2 mentionne. C’est pourquoi, la communicatrice montre que la citoyenneté est une somme d’expériences, de compétences, doublée de savoir, savoir faire, savoir être avec la confiance en soi, la capacité de critiquer de défendre ses idées en public etc.

 

Malgré tout, il y a des difficultés comme le poids de la tradition, l’analphabétisme, la mauvaise interprétation des textes qui dénote de la résistance des hommes, l’insuffisance de communication, de la formation pour l’éveil des consciences, la méconnaissance des dispositions légales en faveur des femmes.

 

Pour terminer, elle a rappelé les causes immédiates, sous jacentes et structurelles, la disparité des ressources humaines et des infrastructures au détriment du milieu rural.

 

1.4-        La présentation du Burkina Faso : Citoyenneté formelle et femme rurale : le cas de l’accès aux pièces d’état civil

Sous la responsabilité de Raogo Antoine SAWADOGO, le thème a été abordé sous trois angles :

-       La femme rurale et l’acte de naissance

-       La femme rurale et la carte d’identité

-       Le certificat de mariage

Pour l’exercice des droits et devoirs de tous les citoyens, l’Etat burkinabé a beaucoup investi dans les questions relatives à l’état civil  en modifiant, les textes juridiques et en encourageant leur vulgarisation. La révision du code des personnes et de la famille en 1989 relève de ce souci de modernisation du droit national. Ainsi l’état civil intéresse un état pour des raisons administratives, fiscales, militaires et sécuritaires et définit les conditions de la citoyenneté.

Selon le code des personnes et de la famille, l’état des personnes physiques doit être constaté par des actes qui sont dressés ou complétés à chaque évènement important comme naissance, mariage, décès.

La question des actes de naissance est traitée par les articles 106 à 111 du code des personnes et de famille. Ainsi la déclaration de naissance doit mentionner l’identité de l’enfant et celle des parents. Dans les faits, la procédure de déclaration est parfois complexe parce que tous les services n’ont pas la même exigence qui oscille entre une version libérale à travers laquelle l’administration cherche à doter tous les citoyens de papiers et la version hypercorrecte qui ajoute au respect strict de la loi.  Quoiqu’il en soit, l’obtention d’un acte de naissance représente un parcours de combattant pour la femme rurale. Dans le cas des enfants nés hors mariage, l’obtention de l’acte de naissance est encore plus difficile avec la fourniture de la preuve de l’identité des deux parents comme pré conditions.

Malgré son importance, l’obtention de la carte d’identité Burkinabè est très ardue pour la femme rurale et le droit de posséder n’est même pas respecté pour diverses raisons dont la réticence des hommes qui pensent que la carte d’identité peut favoriser la liberté d’action de la femme bien que la non possession de cette pièce devient un obstacle pour mener des activités commerciales et acquérir un terrain.

En ce qui concerne le certificat de mariage, son obtention par la femme rurale est tout aussi ardue. Parce que le certificat de mariage est considéré comme une menace pour le foyer, sa détention pouvant donner à la femme la possibilité de fuir ou de traîner son mari en justice.

Des éléments présentés dans la communication, il est indéniable que les femmes n’ont pas les mêmes chances que les hommes d’obtenir les pièces d’état civil. Ce qui les maintient dans la marginalisation qui les exclut de la jouissance des droits et des devoirs citoyens. Cette situation est encore plus difficile pour la femme rurale.

1.5-        La présentation du Niger : Point sur la décentralisation au Niger

 

              Ce thème, qui fait l’état des lieux de la décentralisation au Niger, a été présenté par ILLIASSOU Hassane. Il aborde surtout l’implication des femmes dans les structures locales à travers les avancées, les obstacles et contraintes à la participation politique au Niger et les stratégies définies en rapport avec les obstacles identifiés.

En matière d’avancées, le Niger est un des rares pays à avoir adopté une loi sur les quotas qui prévoit qu’un minimum de 10% des postes électifs soit occupé par des femmes et qu’un minimum de 25% des postes nominatifs soit occupé par des femmes. Ce qui a favorisé la participation des femmes à la gestion des affaires publiques au Niger. Ceci se traduit par de grands progrès. A titre d’exemples, les élections de décembre 2004 ont permis aux femmes d’être présentes dans diverses instances de décision comme l’Assemblée Nationale, les ministères et dans les conseils municipaux.

 

Malgré ces avancées, il existe encore des contraintes catégorisées par le communicateur. Il s’agit

-       Des contraintes politiques ;

-       Des obstacles socioculturels ;

-       Des obstacles socio économiques ;

-       D’autres contraintes comme l’existence limitée et la faible capacité des organisations féminines et de l’inexistence de moyens et de compétences nécessaires des structures féminines des partis politiques pour constituer un groupe de pression pouvant impulser le changement au sein du parti.

 

Pour terminer, le communicateur a fait des propositions de stratégies transversales dont l’allègement des tâches domestiques et l’élaboration de calendriers de réunions politiques en adéquation avec les contraintes, la formation, la sensibilisation et l’information et enfin la promotion de l’autonomie financière de la femme.

 

 

 

1.6-        La présentation du Togo : Femme et citoyenneté : quelle implication pour les femmes rurales dans les structures locales pour la gestion du développement

 

La communicatrice MAWUSE Agnégué  a présenté :

 

-       un aperçu général de l’implication de la femme dans la citoyenneté et le développement au Togo ;

-       les difficultés ;

-       ce qu’on peut faire pour l’implication des femmes.

 

Au Togo, beaucoup de dispositions sont prises pour redonner à la femme togolaise sa place dans toutes les instances. Ainsi de 1950 à nos jours, il est à noter une croissance de l’implication de la femme dans les institutions de la République grâce à la convergence d’efforts.

 

Les organisations de la société civile ont été le fer de lance de l’implication de la femme dans le développement avec la création d’un véritable cadre d’accompagnement et d’appui. Entre autres organisations, il a été cité le GF2D, WILDAF-Togo, WANEP-Togo et CONGAT-Togo  aux côtés d’organismes d’appui comme Plan Togo, la Croix Rouge ont formé, alphabétisé et éduqué les femmes rurales sur diverses thématiques. Dans tous les cas, diverses actions en faveur de la femme montrent l’engagement de l’Etat et de la société civile dans la recherche de l’équité genre à travers la création des cadres institutionnels dont certains susmentionnés. Mais il faut reconnaître que ces avancées sont réalisées par les femmes lettrées. Ces dernières prennent l’initiative pour accéder aux postes de responsabilités au niveau des syndicats, des services privés ou publics, à l’assemblée nationale et sans oublier dans le gouvernement pour mieux défendre et promouvoir leur cause. Malgré ces avancées, certaines difficultés subsistent pour l’implication de la femme rurale au développement. Elles sont liées au refus de participer aux débats publics, au manque de courage, au manque d’informations, au manque de confiance dans les acteurs politiques, à la misère, à la méconnaissance des lois, au manque de ressources financières etc. Face à ces difficultés, des stratégies pour l’implication des femmes dans le développement ont été proposées. Il s’agit de l’initiation et la création d’un cadre de réflexion de femmes rurales sur la citoyenneté et le développement, la création d’un centre de radio proximité pour sensibiliser un grand nombre de personnes, encourager les femmes à militer dans les associations et à se faire élire dans les structures locales etc.

 

 

 

1.7-        La présentation de la Guinée : Implication des femmes rurales dans la décentralisation en République de Guinée

 

Pour la communicatrice, Madame DIALLO Kadiatou BARRY, l’exercice de la citoyenneté par la femme rurale guinéenne peut s’expliquer à travers la notion de citoyen, l’appartenance de celui-ci à un groupe humain qu’est la nation et le pacte de solidarité par lequel les membres du groupe conviennent d’une réciprocité de droits et devoirs.

 

La République de Guinée, depuis l’avènement de son indépendance, a souscrit à divers chartes, principes et conventions relatives aux droits de la Femme et à l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard des femmes, dénotant ainsi sa vocation à consacrer les droits au profit des femmes. Ce qui est proclamé dans le premier paragraphe de sa loi fondamentale qui stipule l’égalité et la solidarité de tous les nationaux sans distinction de race, de sexe, d’ethnie et de religion.  Mais malgré les progrès au plan législatif et règlementaire pour affirmer l’égalité des droits et devoirs entre la femme et l’homme et les efforts déployés par le pouvoir public pour associer les femmes à la gestion des affaires publiques, la participation des femmes à la vie publique reste encore faible avec un taux de participation de 15% pour plus de 53% de la population. Ceci s’explique par le poids de la tradition, la persistance de la discrimination à l’égard des femmes, le déséquilibre dans le partage du pouvoir et des responsabilités à tous les niveaux. De même, le manque de confiance en elles-mêmes, l’absence de solidarité, le fort taux d’analphabétisme et surtout à leur non implication dans la gouvernance politique et démocratique constituent des blocages à l’émergence de la femme en Guinée. C’est pourquoi, elles se mobilisent à tous les niveaux en mettant en place des structures informelles qui s’impliquent dans la démocratie et le processus de décentralisation et s’engagent à défendre leurs droits.

De même, les femmes se sont constituées  en groupes de pression en investissant les états majors des partis politiques pour la prise en compte des besoins spécifiques de la fille et de la femme et assurer leur positionnement sur les listes électorales dans le cadre des élections communales et législatives. Dans ce sens, l’UFROAT a eu à participer à des actions organisées par des structures nationales et internationales faisant de l’implication et de l’appui des femmes leur cheval de bataille. Les activités réalisées ont favorisé l’engouement et l’engagement des femmes pour leur implication effective dans le processus démocratique.

 

 2.Les débats et les pistes de réflexion

 

Chacune des communications a été suivie d’échanges qui ont permis aux communicateurs de clarifier et d’approfondir certains aspects abordés. Ce qui a permis aux participants d’obtenir plus d’informations sur les expériences par pays.

A l’issue des échanges, il ressort que :

-       Les différentes communications se complètent et ont surtout abordé les questions relatives à la décentralisation, au développement local et à la citoyenneté qui restent des thématiques auxquelles s’interesse le RESACIFROAT ;

-       En dépit du rôle important que la femme a joué dans le processus ayant conduit à l’avènement de la démocratie dans les pays concernés, elle a toujours du mal à participer pleinement aux instances de prise de décisions ;

-        Les difficultés qui entravent la citoyenneté des femmes sont l’analphabétisme, l’insuffisance d’information, la pauvreté, le manque de confiance en elles-mêmes, le manque de solidarité, le poids de la tradition, la mauvaise interprétation de la religion musulmane, le manque de courage, le refus de participer aux débats publics car elles s’estiment inférieures aux autres, le manque de confiance aux acteurs politiques, la méconnaissance des lois et des textes les conduisant à une résignation, le manque de ressources financières et matérielles ;

-       Les textes législatifs et règlementaires en faveur de la citoyenneté de la femme existent dans tous les pays mais ils ne sont pas vulgarisés pour favoriser leur connaissance par les concernées.

A l’issue des débats, trois pistes de réflexion ont été retenues qui doivent enrichir le plan d’action élaboré par le comité de pilotage du RESACIFROAT.  Il s’agit :

-          De la gouvernance locale participative dans une perspective de développement durable ;

-          Du développement local participatif planifié au bénéfice partagé ;

-          De la citoyenneté pleine responsable et assumée.

 

Le premier point des échanges a porté sur la gouvernance locale participative dans une perspective de développement durable basée sur :

Ø  La participation effective de toutes les catégories d’acteurs (opposants, élus, organisation de la société civile) ;

Ø  La transparence ;

Ø  L’obligation de rendre compte ;

Ø  Le suivi évaluation participatif  avec la communauté et la détermination d’indicateurs de performance  avec le niveau de satisfaction des communautés ;

Ø  La mise en synergie des dynamiques locales et articulations des autres niveaux ;

Ø  La valorisation des modèles féminins ;

Ø  L’accès aux informations ;

Ø  L’accomplissement  de mission selon le mandat ;

Ø  Le contrôle citoyen  qui passe par la confection des listes, le respect des textes, de l’éthique, l’égalité des chances quelque soit l’appartenance religieuse, socioprofessionnelle, socio économique, ethnique etc…, le recensement et l’établissement des cartes d’électeurs, l’accès aux médias, avoir des représentants dans les bureaux de vote, le transport des urnes, la participation aux décomptes de la gestion des fonds de campagne, la distribution des cartes d’électeurs etc.

Ø  La mobilisation du citoyen, le contrôle dans le découpage administratif ;

Ø  La mobilisation financière, des contribuables de l’état, des PTF, des OCSB et autres partenaires.

 

Le deuxième point abordé est le développement local participatif, planifié et au bénéfice partagé qui est compris comme :

L’ensemble des dynamiques endogènes et /ou locales qui devraient être mises en synergie au niveau des acteurs de la base avec le processus de décentralisation à la base propulsée par l’Etat. Il vise à l’amélioration des conditions de vie de la population dans une perspective durable.

Le développement local passe par :

*      L’organisation et la structuration des acteurs à la base 

-          identifier les dynamiques locales et leurs acteurs

-          analyser leurs besoins et les former d’une part pour que les gens soient capables de s’organiser et d’autre part de participer aux actions de planification locale.

 

 

*      La  Mise en synergie des dynamiques locales et articulation des autres niveaux (mise en cohérence) 

- initier/ former au budget local participatif ;

*      L’Incitation  à exploiter les possibilités, les opportunités et l’intercommunalité ;

*       

*      L’identification des potentiels, les activités, les opportunités et les contraintes à travers un diagnostic participatif.

 

La planification participative  doit :

*      définir et hiérarchiser les priorités ;

*      organiser la prise de position harmonisée des groupements de femmes ;

*      partager et défendre la position commune avec tous les acteurs ; 

 

La valorisation des ressources naturelles locales et des dynamiques locales :

-          La prise en compte sous forme de scénarii ;

-          La réalisation de certaines contraintes /opportunités ;

-          La prévision des possibilités et les conditions de renégociation des priorités.

Exemples des contraintes :

-          contraintes physiques (changements climatiques, ressources naturelles) ;

-          contraintes sociales (religion, tradition, coutumes) ;

-          contraintes  financières ;

-          contraintes institutionnelles (textes, conditions, formalités).

 

Exemples d’opportunités :

* Physiques (ressources naturelles) :

-          sociales (changement de pratiques sociales, changement de comportement, de mentalités) ;

-          financières, (financement, subvention, valorisation des ressources) ;

-          institutionnelles (accès à l’information, formation, application des textes, meilleure articulation entre différents dispositifs).

* Faire des hypothèses en fonction des contraintes et des opportunités

* Exemple de la culture du riz (envisager des hypothèses en fonction des contraintes climatiques, financières et des opportunités).

Les résultats à atteindre,

Les méthodes et stratégies,

Les critères d’évaluation,

Elaborer, planifier, exécuter, réajuster, évaluer et rendre compte.

Pour cela, il faut des outils.

 

La mise en œuvre du plan

·         rechercher les moyens (humains, financiers, institutionnels) Ex : programme d’investissement local

·         programmer les activités (chronogramme des activités)

·         les modalités de mise en œuvre

·         planifier la mise en œuvre.

 

La mise en œuvre / suivi

Les femmes doivent s’assurer d’être dans les activités de suivi d’évaluation et de reddition de compte.

Se positionner dans les structures de coordination dans le cadre des projets communaux.

Ø  Evaluation du plan d’action.

Ø  La reddition de compte.

 

 Le troisième point des discussions concerne La Citoyenneté pleine, responsable et assumée.

Au niveau des participants, la citoyenneté est comprise comme  suit :

La citoyenneté suppose un ensemble de droits et devoirs attachés à des personnes, relativement à un espace, qui a un système politique donné et qui est précisé par un modèle de gouvernance.

L’implication des femmes à développer les types de citoyenneté selon différentes conditions qui sont économiques, sociales, a été aussi évoquée.

A ce niveau, il est fait référence :

-          Aux  MODELES DE CITOYENNETE  en relation avec des modèles de gouvernance ;

-          Aux Modèles d’élus, ethniques, citoyens, réinterprétés dans le sens des cultures locales ;

-          L’implication des femmes à développer les types de citoyenneté selon différentes conditions qui sont économiques, sociales ;

-          A l’identification des différents types de droits dont :

* Les droits civils et civiques (dont  l’intégrité physique,  droit à la vie) ;

* Les droits économiques (liberté  de mener des activités économiques) ;

* Les droits politiques (liberté  d’adhérer au parti de son choix) ;

* Les droits sociaux (santé, éducation, habitat…) ;

* Les droits de propriété intellectuelle ;

* Les droits à la défense…etc.

 

Les discussions très riches et très animées ont montré la pertinence de ces débats et l’importance de capitaliser toutes ces expériences afin qu’elles servent au réseau mais aussi à toutes les personnes qui travaillent à  renforcer les capacités des femmes rurales d’Afrique de l’Ouest et du Tchad, afin qu’elles prennent leur place dans les instances de décision. Il a donc été décidé et demandé à la modératrice, de faire la synthèse de ces débats, et de capitaliser toutes ces données dans un document  qui sera publié et qui pourrait servir à d’autres personnes travaillant avec le même type de public. Ce document pourra permettre à la coordination régionale de compléter si nécessaire le plan d’actions déjà élaboré et soumis à la même assemblée générale.

 III. L’ASSEMBLEE   GENERALE

Avant  la présentation du programme de l’assemblée, il a été procédé à la vérification de la présence des membres pour constater si le quorum permet la tenue effective de l’AG. Des différentes informations reçues, il ressort que treize personnes étaient présentes contre 18 membres. Le quorum étant atteint, l’assemblée pouvait donc se tenir.

 

1.    La présentation du rapport  des activités 2005-2008

Le rapport a été présenté en trois parties par Adrienne RAMDE, Secrétaire Générale par intérim après la démission de la Secrétaire Générale adjointe et de l’absence de la Secrétaire Générale.

Les activités réalisées

Depuis sa constitution, deux types d’activités ont été menées :

-       Les rencontres statutaires avec la réunion du comité de pilotage selon les statuts. Dans cette période, sept réunions ont été tenues avec des décisions prises comme : l’adhésion du réseau à la Coalition Nationale pour les droits des Femmes.

-       Le changement de statut en ONG ;

-       L’élaboration de note d’engagement pour les membres précisant le renouvellement de l’adhésion de chaque membre au réseau.

En ce qui concerne l’appui aux UFROAT, il a été noté :

-       L’appui à l’élaboration et à l’organisation de l’atelier de validation du plan d’action des femmes rurales en gestion des ressources Naturelles en 2005;

-       L’appui à l’organisation de voyages d’études autour de certaines  thématiques ;

-       L’appui à l’organisation d’assemblées générales nationales dans six pays ;

-       L’appui à l’organisation de l’Assemblée Générale de la structure régionale au Mali qui a permis le renouvellement des instances sous régionales.

Les acquis

Comme acquis,

-       La reconnaissance officielle du réseau ;

-       Le changement de statut avec ses avantages ;

-       L’adhésion du réseau à des structures d’envergure nationale et internationale ;

-       Le soutien financier de certains membres d’honneur ;

-       La solidarité effective entre les membres lors des évènements de joie et de peine ;

-       Le renouvellement de l’adhésion de plus de 95% des membres du réseau ;

-       L’obtention d’un bureau servant de siège et permettant la visibilité du réseau.

Les limites

Comme limites, il est identifié :

-       Le manque de réaction de certains membres ;

-       Le retard de la tenue irrégulière des AG ordinaires ;

-       L’insuffisance de financement ;

-       L’appui insuffisant des UFROAT ;

-       La démission d’un membre ;

-       Le non renouvellement de l’engagement d’adhésion de quatre membres.

Comme perspectives, il est évoqué :

-       L’appui aux UFROAT ;

-       L’élargissement de la base sociale du réseau.

 

 

2.    Présentation du rapport des activités de la coordination 2005-2008

 

La présentation des activités réalisées par la coordination a été faite par la présidente avant de passer au rapport moral et financier de l’association.

Le réseau a été créé à partir d’activités  réalisées par la présidente à titre de consultante indépendante. Des projets négociés étaient déjà en cours tels que les voyages d’études ainsi que le projet de plan d’actions financé par le CRDI.

Le réseau les a prises et achevées à son compte. Les principales activités réalisées au cours de  la période sont les suivantes selon l’année :

 

·         Année 2005 :

 

-       Les voyages d’études au profit des femmes nigériennes réalisé à Maradi et celui réalisé au Mali au profit des femmes rurales de six pays sur la gestion des ressources naturelles ;

-       L’atelier de validation du plan d’action de la gestion des ressources naturelles ;

Les  acquis de ces activités réalisées sont les suivantes :

-       L’entrée du réseau dans l’environnement des organismes d’appui du Burkina ;

-       La visibilité du réseau qui s’est traduite par la présence des autorités nationales à l’atelier de validation du plan d’action de Bobo-Dioulasso (Trois ministres étaient présents) ;

-       Les associations de femmes, notamment celles déjà membres de l’UFROAT ont à nouveau repris confiance en l’association et renoué les relations entre les membres des structures nationales et régionales.

-       Elles ont d’ailleurs profité de l’opportunité de l’atelier pour tenir une assemblée générale extraordinaire pour lancer les assemblées générales nationales et régionale ;

-       Plusieurs adhésions ont été enregistrées au Burkina suite à la tenue de l’atelier

-       Les voyages d’études sur la gestion des ressources naturelles ont donné des occasions aux groupes de femmes d’échanger avec les hommes, notamment les autorités en charge de la GRN sur l’importance de la présence des femmes dans les structures locales de développement.

 

·         Année 2006 :

 

Cette année 2006 a surtout été consacrée à la préparation et à la réalisation des assemblées générales nationales qui ont été précédées par des journées de formation dans chacun des pays concernés. Les thèmes de formation retenus sont : la protection de l’environnement, les changements climatiques et leurs conséquences sur la production, la vie des populations, la place et le rôle des femmes rurales dans les actions de lutte contre le VIH/SIDA.

La coordinatrice a participé aux travaux dans cinq pays.

 

Les acquis de ces activités :

La tenue des assemblées générales  a fait renaître l’espoir chez plusieurs associations. A partir de là, les associations ont commencé à chercher les meilleurs moyens pour un fonctionnement plus satisfaisant, comme la réorganisation au niveau local en zones ; C’est le cas de l’Ouest Burkina, de Maradi au Niger, du sud du Mali…

Certaines ont repris et gagné des luttes qu’elles avaient abandonnées par découragement (la recherche de la reconnaissance juridique au Togo…)

D’autres pays comme le Burkina, ont entrepris les démarches pour le renouvellement de leurs documents suite aux changements intervenus dans la composition de leur bureau.

Au Bénin, où l’association était paralysée par le mauvais choix de la présidente, le renouvellement imposé par l’AG  a redonné confiance et l’appui du représentant du RESACIFROAT au Bénin a permis l’élaboration d’activités et la négociation de financements pour la location de bureau, la formation des membres et l’achat d’équipements.

Au Tchad, c’est l’appui de la représentante du RESACIFROAT, par ailleurs employée d’une structure d’appui avec laquelle le réseau entretient des relations de collaboration (Inadès-Formation) qui a permis de mettre en place un bureau provisoire, dans l’attente de l’assemblée générale proprement dite.

 

·         Année 2007 :

 

L’activité qui a le plus pris du temps au cours de cette année est sans conteste, la préparation et la réalisation de la première assemblée générale régionale de l’UFROAT, financée par le CTA. Elle a constitué une activité phare pour le réseau en cette année. Sept pays ont pris part avec leurs déléguées à cette assemblée générale qui a vu l’adhésion de la Côte d’Ivoire.

Elle a été l’occasion de bilans des associations nationales, mais aussi de la structure régionale dont les membres du bureau ont eu beaucoup de difficultés à se réunir, compte tenu du manque de moyens financiers.

Au cours de cette AG, plusieurs thèmes de formation ont pu être développés, comme la GRN, le VIH/SIDA et les femmes rurales, les Accords de Partenariat Economique.

C’est au cours de la même AG que les statuts ont été relus pour concorder avec les réalités vécues depuis la création de l’union ; c’est avec le renouvellement des membres du bureau de l’UFROAT régionale que l’AG a pris fin.

Au cours de la même année, la représentante du RESACIFROAT en Guinée a été  contactée  afin de relancer l’UFROAT/Guinée qui s’est désintégrée faute de soutien.

Dans l’ensemble, l’année 2007, a été une année d’intenses activités avec les UFROAT tant au niveau régional, national que zonal, ce qui a donné beaucoup d’espoir et de courage pour avancer malgré les multiples difficultés.

·         Année 2008 :

    Elle a  consacré la poursuite des activités d’appui aux UFROAT à travers la réalisation de rencontres/ateliers de réflexion, de planification et de formation des membres des différents bureaux et des responsables de zones.

Ce sont ces ateliers qui ont permis de récolter les données qui ont servi plus tard à la coordination pour l’élaboration d’un premier document de plan d’actions qui a été présenté aux responsables des structures d’appui rencontrées au cours d’une visite en Belgique.

La seconde activité importante a été la conception et l’élaboration du programme d’appui à la mise en réseau électronique et à la collaboration à distance de l’UFROAT et du RESACIFROAT. En effet, le CTA a décidé de financer un programme qui devait permettre d’équiper chaque bureau national en ordinateur et en connexion à l’internet afin de promouvoir la communication entre les UFROAT, avec le RESACIFROAT et le monde. C’est en janvier 2009 que ce programme devra démarrer.

Les négociations avec la fondation New Field ont abouti au financement d’une année de fonctionnement de la coordination. Ce qui a permis, la location de bureaux, le recrutement pour un an d’une secrétaire et à mi temps d’une comptable.

Les acquis des activités réalisées au cours de ces années :

Les activités réalisées ont permis d’engranger beaucoup d’acquis dont les principaux sont :

-       Les UFROAT ont été dynamisées  et la confiance redonnée aux femmes rurales membres de ces structures ;

-       les associations se sont réorganisées ;

-       les capacités des femmes rurales ont été renforcées ;

-       le cadre d’expression et de travail des femmes rurales de la sous région a été conservé.

 

 

Les difficultés rencontrées

L’appui aux associations de femmes rurales est une tâche importante que le RESACIFROAT a essayé de réaliser au cours des quatre dernières années. Malgré les acquis notables qui ont été soulignés, des difficultés restent et, si elles ne sont pas résolues risquent d’annihiler les efforts jusque là consentis :

-       la faiblesse de structuration des différentes entités associatives ;

-       la faiblesse des capacités financières des structures associatives ;

-       le coût relativement élevé des rencontres d’échanges retenues comme stratégie de renforcement des capacités des femmes rurales.

 

Les perspectives

 

En confirmant son choix stratégique de travailler avec les femmes rurales qui, dans un environnement dominé par les crises (crise financière, économique, changements climatiques) continuent de s’appauvrir, le RESACIFROAT doit s’engager à trouver les voies et moyens pour les accompagner afin qu’elles soient capables de relever les défis et construire un cadre de vie meilleure pour elles mêmes et leurs communautés.

3 .Présentation du rapport moral

Le RESACIFROAT est composé de membres désireux d’apporter leur contribution au renforcement des capacités des femmes rurales.

A la création, le 10 mai 2004, le réseau est composé de 18 membres venant de 9 pays, il obtient sa reconnaissance juridique  le 10 août 2004. Très tôt, le réseau a marqué son dynamisme à travers des activités régulières en direction de ses cibles à travers les membres proches du comité de pilotage.

Ainsi, en 2005, il a été organisé l’atelier de validation du plan d’action en communication des femmes rurales ainsi que des réunions du comité de pilotage ;

En 2006, le réseau a intégré la Coalition Burkinabé pour les Droits de la Femme (CBDF) et le réseau CTA/Dimitra/FAO.

Certains membres ont pu participer au nom du réseau à des activités organisées par d’autres structures.

2007 a vu l’organisation de l’Assemblée Générale des UFROAT qui a connu un franc succès à Bamako.

En ce qui concerne la vie du réseau, il a été enregistré la démission de madame Corotoumou Ouédraogo et le silence de quatre autres personnes qui n’ont pas réagi face à la demande d’engagement : ce sont

-       Chantal Zoungrana/Kaboré du Burkina,

-       Edwige Liehoun du Burkina qui avait signalé son indisponibilité;

-       Clotilde Dansiga du Bénin

-       Elise Agounkey du Togo.

 

Il est demandé à l’Assemblée Générale de statuer sur leurs cas pour :

-       Entériner la démission de Madame Corotoumou OUEDRAOGO ;

-       Constater la démission de fait de Zoungrana Chantal, de Edwige Liehoun, de Clotilde Dansiga et de Elise Agounkey.

Le réseau a acquis le statut d’ONG et est membre du Secrétariat Permanent des ONG du Burkina.

Dans les perspectives, il est envisagé la demande de reconnaissance auprès de l’UEMOA.

A la fin des présentations, diverses questions ont été posées à la Présidente. Ces questions ont été relatives à :

-       La suite de l’étude sur la citoyenneté des femmes rurales ;

-       La mise en œuvre du plan d’action de communication en gestion des ressources naturelles

-       La situation du Niger ;

-       Le payement des cotisations de l’association ;

-       La recherche des partenaires.

A l’ensemble des questions posées, la présidente a donné les éléments de réponses suivants :

  L’étude sur la citoyenneté des femmes rurales n’a pas connu un grand succès au sein des membres, car seule une étude (celle du Bénin) a été réalisée. Les multiples relances de la présidente n’ont pas permis de faire évoluer ce dossier. Sans trouver de solution spéciale, l’assemblée a souhaité que la réflexion se poursuive pour que chaque membre à son niveau poursuive la recherche qui a connu avec les communications un grand bond.

Le plan d’actions de communication en gestion des ressources naturelles n’a pas obtenu de financement , mais il a constitué un élément de sensibilisation au niveau des UFROAT dont la plupart des membres ont pris en compte plusieurs activités comme la plantation d’arbres, la prise en compte de techniques qui permettent l’économie d’énergie …Les femmes rurales sont devenues plus sensibles aux questions touchant la gestion des ressources naturelles.

Concernant la question du Niger, la présidente a fait un compte rendu de sa dernière mission dans ce pays. Malgré les engagements pris par les membres du bureau lors de cette réunion, la situation n’a pas changé. En témoigne la situation du projet d’équipement en ordinateur des différentes UFROAT. A l’issue de ce compte rendu, l’assemblée a souhaité que l’UFROAT du Niger qui a connu un passé très dynamique ne disparaisse pas. Il a été demandé à la présidente d’honneur, Mme DANTE qui est par ailleurs membre du réseau, de s’impliquer à trouver une solution de sortie de crise, elle pourra demander l’appui de la présidente en cas de nécessité.

Pour ce qui concerne le paiement des cotisations des membres, l’assemblée a encore insisté sur la nécessité que les membres montrent à travers le paiement de leurs cotisations, leur engagement au réseau. Il a été demandé à la trésorière générale de procéder à des relances régulières afin que les membres n’oublient pas le paiement de leurs cotisations.

Quant à la recherche de partenaires, la question a encore été relancée afin que chaque membre se sente investie du devoir de recherche de financements pour que les activités du réseau puissent être mises en œuvre. Lors de ces discussions, il a été rappelé les contributions régulières et importantes d’Odette SNOY qui ont permis la mise en œuvre de plusieurs activités sur le terrain, ainsi que les indemnités versées à la coordinatrice.

Ces rapports ont été adoptés à l’unanimité par l’assemblée générale avant de passer à la présentation du rapport financier.

  1. Présentation du rapport financier :

Le rapport  financier élaboré par la comptable  a été présenté par la trésorière générale du réseau.

Le tableau présentant la situation des recettes et dépenses sur quatre années laisse entrevoir les constats suivants :

·         Parmi les partenaires qui ont contribué à la réalisation des activités du réseau, deux ont été constants sur les quatre années : ce sont, Odette SNOY et le CTA.

·         Les autres partenaires ont jusque là contribué de façon ponctuelle en financement d’activités proposées, sans vouloir s’impliquer de façon continue notamment avec la prise en charge de charges de fonctionnement. Même  le CTA, n’accepte que les honoraires de la coordinatrice quand celle-ci réalise des activités dans les projets qu’il finance.

·         Le premier partenaire qui a accepté de prendre en charge le fonctionnement de la coordination, est la fondation New Field, qui vient juste de financer une première année, ce qui a permis au réseau d’avoir une représentation à Bobo.

·         Le paiement des cotisations des membres ne constitue pas une somme suffisante pour entreprendre des actions importantes.

Face à ces constats qui rendent fragile, la vie du réseau, la trésorière a encore interpellé les membres du réseau à s’impliquer davantage dans la recherche de financements qui donneraient une plus grande sécurité au réseau ainsi qu’à la réalisation de toutes ses activités.

Les participants ont souligné les efforts fournis par la présidente pour obtenir tous les financements qui ont permis de réaliser les activités et de faire connaitre le réseau.

Des remerciements spéciaux ont été faits à l’attention de notre membre d’honneur, Odette SNOY qui a toujours soutenu le réseau tant dans les réflexions, que dans le financement.

Les participants ont souligné en effet l’importance de la conception d’une stratégie de recherche de financements, Mme Salimata Wade s’est proposée d’y réfléchir.

C’est sur ces propos que l’assemblée a adopté les différents rapports et donné quitus à la coordination pour sa gestion.

Avant de passer au renouvellement des organes, l’assemblée s’est constituée en assemblée extraordinaire pour apporter des modifications aux statuts.

En effet, suite aux modifications, le comité de pilotage devient : Conseil d’Administration qui élit en son sein  un bureau de cinq membres pour la gestion quotidienne des activités. L’Assemblée Générale a décidé que les cinq membres du bureau puissent avoir la possibilité de se retrouver régulièrement pour un fonctionnement efficace et diligent du réseau (cf procès verbal de l’Assemblée générale extraordinaire).

L’article 9 a été reformulé ainsi qu’il suit : « La démission d’un membre du réseau est libre. La notification écrite du démissionnaire est adressée au président qui en informe le Conseil d’Administration »

Les dossiers de deux candidates à l’adhésion au réseau ont ensuite été étudiés : Mesdames DIALLO Kadiatou BARRY de la Guinée et Juliette COMPAORE de l’ONG Asmade du Burkina Faso ont été accueillies comme nouveaux membres du réseau.

A l’issue des élections qui ont suivi, le nouveau conseil d’administration est composé comme suit :

-       Présidente :                                                               Rosalie OUOBA

-       Vice Présidente :                                                       Oumou  DOLO / DIOMBELE

-       Secrétaire générale :                                                Adrienne RAMDE / YAMEOGO

-       Secrétaire générale Adjointe :                                  Eléonore COULDIATY

-       Première Responsable Chargé

     des Relations Extérieures :                                        Salimata WADE

-       Deuxième Responsable Chargé

     des Relations Extérieures :                                        François LEGONOU

-       Trésorière générale :                                                 Geneviève  SANGARE

-       Trésorière Adjointe :                                                  Aminata DANTE / BALLO

-       Chargé de recherche :                                              Jacques THIAMOBIGA

-       Chargé de recherche adjoint :                      Elisabeth NELOUMNGAYE/NDODINGAM 

-       Conseiller :                                                                Raymond Yoro YONOUSSI

-                   Deuxième conseiller :                                                           Kadiatou DIALLO / BARRY

-       Commissaire aux Comptes :                                    Régine Mawusé  AGNEGUE

-        Commissaire aux Comptes :                                   Georgette SANGARE / OUOBA

    Le bureau du conseil d’administration est composé comme suit :

Ø  La présidente

Ø  La secrétaire générale

Ø  La secrétaire générale adjointe

Ø  La trésorière générale

Ø  Un conseiller

                                                                                                                                   

Enfin l’Assemblée Générale a décidé d’adresser des motions de remerciement à l’endroit de Odette SNOY qui a toujours soutenu le réseau et notamment la coordination à travers  non seulement le financement de plusieurs activités réalisées avec les femmes sur le terrain, mais aussi avec la poursuite des réflexions sur les actions à engager et la recherche de partenaires financiers pouvant soutenir le réseau.

Pour la question du Niger, I’Assemblée Générale donne mandat à Madame Aminata DANTE pour réorganiser l’UFROAT Niger.

Enfin, à l’issue des journées de réflexion, il a été retenu que Madame Salimata WADE propose un document de référence dont le premier jet sera soumis à l’appréciation des membres du réseau au plus tard en septembre 2009. Le document final qui sera remis en décembre 2009 devra permettre la programmation d’actions tant au niveau du réseau qu’au niveau des UFROAT.

En divers, il a été évoqué :

-       La possibilité de réaliser des forums électroniques ;

-       La recherche des nouvelles technologies ;

-       La recherche des marchés pour les UFROAT ;

-       Les techniques de transformation des produits afin de les mettre en réseau ;

-        La gouvernance au sein des UFROAT.

 

La Présidente, avant de lever la séance a tenu à remercier tous les membres pour leur participation tant qualitative que quantitative à cette première assemblée générale. Elle se félicite pour l’engagement et la motivation dont font preuve les uns et les autres pour que le réseau marche et continue d’affiner ses stratégies pour mieux atteindre ses objectifs et affirmer sa place dans l’environnement associatif dans  la région.

Elle a souhaité que la prochaine assemblée générale puisse se tenir dans les délais fixés par les textes et dans un autre pays que le Burkina, pour continuer la visualisation du réseau dans les différents pays.

Elle a enfin souhaité un bon retour à chacun(e), et à toutes et tous dans leurs familles.

 

 

                                                                              Fait  à Ouagadougou le 24 avril 2009

 

 

 

 

      Les participants

 

-       Rosalie OUOBA                                                 

-    Oumou DOLO/DIOMBELE                                             

-                   Adrienne RAMDE / YAMEOGO                                                

-                   Eléonore COULDIATY

-       Salimata WADE                                  

     -     François LEGONOU

-       Geneviève  SANGARE

-       Aminata DANTE BALLO

-       Jacques THIAMOBIGA

-       Elisabeth NELOUMNGAYE / NDODINGAM 

-       Kadiatou DIALLO / BARRY

-       Régine Mawusé  AGNEGUE

-       Hassane ILIASSOU